PARC COMMERCIAL DE MALAN: stopper ce projet du siècle dernier et faire des choix responsables !

Le projet de Parc des expositions et de zone commerciale de Malan est défendu par la liste municipale LREM de Christian Teyssedre et par la liste LR de Serge Julien.

Coûtant près de 40 millions d’euros, cet aménagement de 25 hectares est un projet de prestige qui s’inscrit dans un modèle économique dépassé. Comment penser que la construction d’un tel équipement va engendrer une demande économique nouvelle et des besoins qui n’existent pas encore ? C’est un pari irresponsable qui ignore les urgences écologiques mais également les réalités économiques de notre territoire. Outre qu’il est déraisonnable de jouer ainsi avec l’argent public, ce pari est perdu d’avance. C’est pourquoi la liste Rodez Citoyen propose un retour à la réalité et une démarche de développement économique territorial inverse : partir de besoins réels des populations et des acteurs économiques tout en répondant aux nécessités écologiques de notre temps.

Ce projet pharaonique souffre d’un trop grand manque d’information vis à vis des ruthénois. Si Matthieu Lebrun est élu Maire de Rodez avec la liste Rodez Citoyen, nous proposerons à la communauté d’agglomération du Grand-Rodez un moratoire sur ce projet de parc commercial et de redéfinir les besoins économiques locaux prioritaires en matière d’infrastructures. Nous voulons agir en transparence vis à vis des ruthénois et en coopération avec les autres communes de l’agglomération. Nous chercherons à convaincre nos partenaires de stopper ce projet.

En cas d’absence de consensus avec les autres communes, nous ne pratiquerons pas la politique du fait accompli imposé par la commune centre. Nous ne pratiquerons pas non plus la politique des négociations de marchands de tapis. En cas de blocage, avec confiance en la capacité d’information et de libre arbitre des habitants du Grand-Rodez, nous sortirons les discussions des couloirs de « l’agglo ». Si nécessaire, nous proposerons une consultation citoyenne à l’échelle de l’agglomération sur l’opportunité de stopper le projet de parc de expos et de zone commerciale de Malan.

Voici les raisons pour lesquelles la liste Rodez Citoyen propose de stopper ce projet :

Un projet non maîtrisé financièrement

Initialement, le maire de Rodez et président du Grand-Rodez avait affirmé que ce projet n’excéderait pas les 10 millions d’euros. Finalement, le budget prévisionnel se chiffre à 34 millions : 23 millions pour le parc des expositions et 11 millions pour la zone commerciale. Sans compter les dérapages budgétaires habituels inhérents aux imprévus de construction. Les subventions publiques cumulées (Région et Département) s’élèveraient au maximum à 8 millions d’euros. Le coût net pour le Grand-Rodez serait donc au minimum de 26 millions mais en réalité probablement au delà de 30 millions. De quoi plomber la capacité d’investissement de l’Agglo pour des années.

A ces chiffres, doivent s’ajouter les coûts de fonctionnement directs et indirects pour la collectivité et les contribuables. La décision de confier la gestion de l’équipement à un opérateur privé n’exonérera pas la collectivité de couvrir les risques liés à l’exploitation et d’absorber les déficits structurels.

Un projet hors-sol

Le projet comprend  5000 m2 couverts dont une halle de 3200 m2, un hall de 1800 m2, des surfaces découvertes de 18 000 m2, 680 places de parkings et une zone commerciale de 11 hectares.

La réalité économique de Rodez n’est pas celle de Toulouse et ne le sera jamais. Notre territoire n’a pas besoin d’un équipement aussi pharaonique. C’est méconnaître le territoire que de penser, à l’heure de la révolution technologique des NTIC, que c’est à partir de ce genre d’équipement que le développement des entreprises locales se fera. Les porteurs de ce projet sont incapables de citer des acteurs économiques locaux qui auraient exprimé le besoin d’un tel équipement démesuré. Les chambres consulaires ont un positionnement très retenu. La CCI ayant émis un avis négatif sur le projet de zone commerciale.

Le maire de Rodez affirme que ce parc des expositions pourrait attirer 200 000 visiteurs annuels. Si ce chiffre existe dans une étude économique, nous demandons qu’elle soit rendue publique.

Une étude indique au contraire que les événements organisés dans ce type de structures n’attirent que rarement plus de 300 à 400 personnes. N-a t-on pas déjà au sein de l’agglomération des espaces permettant d’accueillir des manifestations de ce type ?

L’équipement est très clairement surdimensionné par rapport à la demande locale en foires et salons, comme l’indiquent d’ailleurs les professionnels concernés eux-mêmes.

Ce projet est défendu en définitive par peu d’élus pour des raisons de gouvernance et de compétition entre les communes qui échappent au grand nombre.

Le fiasco de parcs des expositions similaires

Alors que c’est l’objectif affiché par les défenseurs du projet, les autres parcs des expos peinent à organiser des salons professionnels. Ils programment surtout des spectacles. Sur le Grand-Rodez, d’autres salles assurent déjà cette activité.

La Région compte déjà 23 parcs des expositions.

En Région (hors Toulouse), le seul parc qui n’est pas déficitaire est celui d’Albi, principalement en raison de l’activité spectacles avec une salle de 2000 places assises. Malgré tout, il n’accueille que 175 000 visiteurs annuels.

A Cahors, le parc des expositions, de taille équivalente au projet de Rodez, dispose d’une localisation parfaite, en bord d’autoroute. Il est en déficit chronique et coûte à Cahors 130 000 euros de déficit annuel et 327 000 euros de charges d’emprunts. Ce parc n’organise quasiment plus d’événements et il est dorénavant proposé, sans succès, à la location ou à la vente par le Grand Cahors.

A Tarbes, sur une aire urbaine de 125 000 habitants, le parc des expos accueille 260 000 visiteurs annuels. Malgré cela, la ville verse une subvention d’équilibre à l’exploitant comprise entre 240 000 et 320 000 euros annuels.

Un projet contre les commerces de proximité

Avec Rodez Citoyen, nous choisissons clairement le commerce local plutôt que les géants de la grande distribution. Or, une nouvelle zone commerciale de 11 ha est prévue avec le parc des expositions, justifiée selon les porteurs du projet par un rééquilibrage de l’offre commerciale de l’agglo et pour enrayer une éventuelle fuite de consommateurs vers Albi. En réalité, après le doublement des zones de l’Eldorado et de l’Estreniols, cette nouvelle zone mettrait très directement à mal les commerces de centre-ville déjà en difficulté et générerait un désordre commercial avec les zones déjà existantes. La CCI a même émis un avis négatif, y voyant le risque d’étouffement des commerces de centre-ville et la disparition à terme des services de proximité.

Un projet écologiquement irresponsable

Tous les experts indiquent que pour s’adapter, freiner le dérèglement climatique et préserver la biodiversité, il est urgent de stopper l’artificialisation des sols naturels et agricoles et privilégier les ceintures vertes dans les agglomérations.

Or, ce projet implique le sacrifice de 25 ha de terres agricoles qui vont être bétonnées ou bitumées en augmentant de façon déraisonnable l’étalement urbain. La destruction de cette zone naturelle portera aussi atteinte à de nombreuses espèces protégées.

De plus, avec la création d’une nouvelle route de 7 kms, 15 000 m2 de parkings et le transfert d’événements qui ont lieu actuellement dans la salle des fêtes ou à l’amphithéâtre, nous assisterions à un accroissement considérable des déplacements et du trafic routier, notamment en voitures individuelles. Les conséquences sont prévisibles : nouveaux embouteillages sur la rocade, pollution atmosphérique, rejet accru de gaz à effet de serre, nuisances sonores…

3 thoughts on “PARC COMMERCIAL DE MALAN: stopper ce projet du siècle dernier et faire des choix responsables !

  1. Pour bien connaître la quiétude, la qualité de vie à Malan, et faire mes courses en ville, je partage totalement votre avis. Et votre article du coup! Merci!

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