Parc des expos de Malan

Photo prise lors du rassemblement du 29 novembre 2019

Retrouvez l’intervention de Rodez Citoyen concernant le parc des expos de Malan lors du Conseil d’Agglo du 3 novembre 2020

Dans un contexte de crise sanitaire inédit, cette délibération nous conduit à réaffirmer avec encore plus de vigueur aujourd’hui que cet aménagement de prestige de 25 hectares est un pari irresponsable qui ignore les urgences écologiques mais également les réalités économiques de notre territoire. Comment croire que la construction d’un tel équipement va engendrer une demande économique nouvelle et des besoins qui n’existent pas encore?

Outre qu’il est déraisonnable d’engager des fonds publics à une telle hauteur pour un projet dont le modèle économique est dépassé, ce pari est perdu d’avance.

Initialement, M. le président vous aviez affirmé que ce projet ne couterait à notre agglomération pas plus de10 millions d’euros. Finalement, le budget prévisionnel se chiffre à 23 millions sans compter les 11 millions de l’aménagement de la zone d’activité connexe et les surcoûts budgétaires habituels inhérents aux imprévus de ce type de construction. Malgré les subventions publiques cumulées que vous annoncez,il y a de quoi obérer la capacité d’investissement de notre Agglomération pour plusieurs années.

Dans cette note, vous nous annoncez à nouveau une participation des 3 chambres consulaires à hauteur de 500 000 euros chacune, alors que vous le savez très bien, au delà des réserves exprimées par rapport à ce projet, ces 3 organismes ont déjà indiqué qu’ils ne pourraient pas contribuer de manière significative à ce projet et que pour un d’entre eux juridiquement il ne peut verser de subvention.

De plus dans cette actualisation du plan de financement, vous nous présentez une subvention supplémentaire de l’état de 1 million d’euro au titre du plan de relance mais vous employez vous même le conditionnel.

Il n’y a aucune garantie que ce financement arrive. Quand bien même, engloutir un tel montant dans un projet surdimensionné et en déconnection des enjeux d’aujourd’hui est aberrant. Et pour les subventions du CD et CR, ne pensez-vous pas compte tenu des engagements financiers supplémentaires qu’entrainent la crise sanitaire sur les budgets de ces collectivités, que celles-ci ne vont pas être obligées de revoir au mieux leur soutien à la baisse?

Pour tous les nouveaux élus présents ce soir, il faut que vous sachiez, outre l’énorme investissement que ce projet nécessiterait, doivent s’ajouter les coûts de fonctionnement directs et indirects pour la collectivité et les contribuables. La décision de confier la gestion de l’équipement à un opérateur privé n’exonérera pas la collectivité de couvrir les risques liés à l’exploitation et d’absorber les déficits structurels.

La réalité économique de Rodez n’est pas celle de Toulouse et ne le sera jamais. Notre territoire n’a pas besoin d’un équipement aussi pharaonique. C’est méconnaître le territoire que de penser, à l’heure de la révolution technologique des NTIC, que c’est à partir de ce genre d’équipement que le développement des entreprises locales se fera. A aucun moment, Mr Sadoul vous n’avez été en mesure de citer des acteurs économiques locaux qui auraient exprimé le besoin d’un tel équipement.

Conjointement avec Mr Teyssedre, vous affirmez que ce parc des expositions pourrait attirer 200 000 visiteurs annuels. Si ce chiffre existe dans une étude économique, nous demandons qu’elle soit rendue publique.

Une étude nationale indique au contraire que les événements organisés dans ce type de structure n’attirent que rarement plus de 300 à 400 personnes. N’a t-on pas déjà au sein de l’agglomération des espaces permettant d’accueillir des manifestations de ce type?

L’équipement est très clairement surdimensionné par rapport à la demande locale en foires et salons, comme l’indiquent d’ailleurs un certain nombre de professionnels concernés eux-mêmes.

La Région compte déjà 23 parcs des expositions.

En Région (hors Toulouse), le seul parc qui n’est pas déficitaire est celui d’Albi, principalement en raison de l’activité spectacles avec une salle de 2000 places assises. Malgré tout, il n’accueille que 175 000 visiteurs annuels.

A Cahors, le parc des expositions, de taille équivalente au projet de Rodez, dispose d’une localisation parfaite,en bord d’autoroute. Il est en déficit chronique et coûte à Cahors 130 000 euros de déficit annuel et 327 000 euros de charges d’emprunts. Ce parc n’organise quasiment plus d’événements et il est dorénavant proposé, sans succès, à la location ou à la vente par le Grand Cahors.

A Tarbes, sur une aire urbaine de 125 000 habitants, le parc des expos accueille 260 000 visiteurs annuels. Malgré cela, la ville verse une subvention d’équilibre à l’exploitant comprise entre 240 000 et 320 000 euros annuels.

Tous les experts indiquent que pour s’adapter, freiner le dérèglement climatique et préserver la biodiversité, il est urgent de stopper l’artificialisation des sols naturels et agricoles et privilégier les ceintures vertes dans les agglomérations.

Or, ce projet implique le sacrifice de 25 ha de terres agricoles qui vont être bétonnées ou bitumées en augmentant de façon déraisonnable l’étalement urbain. La destruction de cette zone naturelle portera aussi atteinte à de nombreuses espèces protégées.

De plus, avec la création d’une nouvelle route de 7 kms, 15 000 m2 de parkings et le transfert d’événements qui ont lieu actuellement dans la salle des fêtes ou à l’amphithéâtre, nous assisterions à un accroissement considérable des déplacements et du trafic routier, notamment en voitures individuelles. Les conséquences sont prévisibles: nouveaux embouteillages sur la rocade, pollution atmosphérique, rejet accru de gaz à effet de serre, nuisances sonores…

M. Sadoul, M.Teyssedre, vous avez voté le SRADETT en conseil d’agglo en 2019. Ce document engage à «zéro artificialisation». En acceptant de poursuivre ce projet de parc des expos -nous allons reprendre textuellement Monsieur le Président les formules que vous avez exprimées à l’encontre de Mr Julien lors du dernier conseil d’agglomération: Je vous cite:

«Vous acceptez le contraire de ce que vous avez voté»

«Je m’insurge devant ce genre de vote, et j’appelle les électeurs de l’agglomération à bien se rendre compte de ce que vous votez et de ce que vous faites derrière»

«C’est de la tromperie»

«Au bout d’un moment, il faut être cohérent» Fin de citations….

Nous proposons donc à la communauté d’agglomération du Grand-Rodez un moratoire sur ce projet afin de réévaluer sa pertinence et son dimensionnement.

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